Apprendre à demander

Pourquoi sommes-nous si prompts à aider quelqu’un… et si lents à demander de l’aide ?
Serait-ce un aveu de faiblesse ?
Un refus de nous sentir redevable envers autrui ?
La peur de nous faire rejeter ? Une aspiration à l’autonomie, à la liberté ?

En abordant le sujet de la « demande », les lectures de ce dimanche interpellent notre relation à Dieu et l’image que nous nous faisons de lui. Abraham est notre premier modèle, d’abord dans le ton décomplexé avec lequel il s’adresse à Dieu.

Ensuite, dans la formulation même de sa prière car elle rejoint le désir de Dieu : celui d’épargner tous les habitants de Sodome et de pardonner aux pécheurs convertis.
Abraham l’obstiné est l’ami de Dieu le miséricordieux (Is 41, 8). Ces deux-là se connaissent, se fréquentent et s’apprécient.
Lorsque Jésus apprend à ses disciples à prier, il insiste sur l’art de la demande. Car la prière de demande ou d’intercession est un mode de relation avec le Père.

Il nous arrive cependant de ne pas savoir quoi demander ni comment le faire et de conclure que Dieu est sourd. La prière ne nous épargne ni les épreuves ni la souffrance.

En revanche, ce que nous demandons, ainsi que la manière dont nous le demandons, est un chemin de conversion dans lequel, pas à pas, nous entendons ce que Dieu nous demande à son tour.

À la suite de Jésus, la prière de demande convertit notre relation à Dieu qui, mystérieusement, nous dévoile son visage.
Dans la prière, notre demande rejoint celle de Dieu, elle s’y ajuste.
Ainsi, demander nous rend capables de recevoir la vie de Dieu. « Demandez, on vous donnera » (Lc 11, 9).
Jésus maître de prière est le Fils de Dieu, Père généreux.
Ces deux-là vivent l’un en l’autre et répandent leur Esprit Saint à tous ceux qui le leur demandent.
Karem BUSTICA, Prions en Église

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